Khaby Lame s’est fait connaître avec de courtes vidéos où il réagit sans parler aux « solutions » inutilement compliquées. L’attention se porte désormais sur une autre question : quelles limites faut-il poser lorsqu’une marque veut prolonger la présence d’un créateur grâce à une version numérique de lui-même ?\n\n## Ce que le dossier de la SEC dit sur les 975 millions\n\nDans un document déposé le 9 janvier 2026, Rich Sparkle Holdings a indiqué avoir signé un accord pour acquérir toutes les actions de Step Distinctive Limited, une société liée aux activités et à la marque de Lame. La contrepartie prévue était de 975 millions de dollars, mais elle devait être versée en 75 millions d’actions Rich Sparkle, et non en 975 millions de dollars en espèces. L’opération restait soumise à des conditions : une valorisation jugée satisfaisante par Rich Sparkle, des vérifications financières et juridiques, ainsi que l’autorisation de négocier les actions sur le marché.\n\nDans un communiqué du 11 janvier, Rich Sparkle a déclaré que l’acquisition était terminée. C’est l’annonce de l’entreprise. Le document déposé auprès de la SEC, lui, décrivait une transaction soumise à ces conditions. Il est donc plus exact de parler d’un accord affichant une valeur de 975 millions, plutôt que d’affirmer que Lame a reçu cette somme en espèces.\n\n## Le projet de « double numérique »\n\nLe communiqué de l’entreprise évoque aussi l’utilisation de modèles du visage, de la voix et du comportement de Lame pour créer un double numérique par intelligence artificielle. Selon le projet, cette version pourrait produire du contenu multilingue et intervenir dans le commerce en direct sans que le créateur soit présent à chaque fois. La Commission européenne, dans un article consacré à la propriété intellectuelle, décrit ces autorisations comme faisant partie de l’accord.\n\nIl s’agit d’un projet commercial, pas d’une preuve que le double numérique fonctionne déjà ou génère des revenus. Dans les documents cités ici, il faut distinguer le projet des résultats éventuels.\n\n## Ce qu’ajoutent les dernières données financières\n\nDans ses résultats publiés le 30 septembre 2026 pour le semestre clos le 31 mars, Rich Sparkle décrit ses activités comme des services d’impression financière et des services aux entreprises à Hong Kong. La société indique que l’ensemble des revenus de la période provenait de clients hongkongais. Le rapport ne mentionne ni Step Distinctive ni le double numérique. Cela ne prouve pas que l’opération n’a pas eu lieu , toutefois, mis en regard de l’annonce de janvier, les documents publics consultés ne donnent pas une image complète de l’intégration de cette activité.\n\nPour le public, la question à suivre ne se limite pas au chiffre du titre. Il faudra voir comment l’usage du visage, de la voix et des gestes d’un créateur est présenté clairement comme du contenu numérique, quelles entreprises disposent de droits commerciaux et si les projections de ventes deviennent des résultats réels. Tant que ces éléments ne sont pas démontrés, le « double numérique » reste un projet à fort potentiel, et non un succès commercial déjà établi.

Sources

WhatsApp