Le 1er octobre, Haïti a battu la République dominicaine 4-1 à Saint-Domingue en Ligue des nations de la Concacaf. Wilson Isidor a inscrit deux buts. Mais sa performance n’est pas la seule raison pour laquelle son nom a fait la une : une phrase criée après le match est devenue le centre d’un débat sur la fierté, la rivalité et l’interprétation des mots.\n\n## Un match qui bascule après la pause\n\nHaïti a ouvert le score dès la 9e minute grâce à Don Deedson Louicius. Selon Le Nouvelliste, Isidor a manqué un penalty à la 21e minute. En seconde période, il a rebondi : il a marqué à la 51e minute, puis porté le score à 3-1 à la 67e. Dorny Romero avait inscrit le but dominicain entre les deux réalisations. Yassin Fortuné a scellé le score pour Haïti à la 77e minute.\n\nIl s’agissait du premier doublé d’Isidor avec la sélection haïtienne, rapporte le journal. Ce résultat a compté dans le parcours du groupe et a contribué à la qualification d’Haïti pour les quarts de finale de la Ligue des nations.\n\n## La phrase après le coup de sifflet\n\nAprès la rencontre, Isidor a crié : « L’Hispaniola c’est Haïti ! This is Haiti! » La phrase s’est rapidement propagée. Hispaniola est l’île que se partagent Haïti et la République dominicaine. Les mots pouvaient donc être entendus comme une affirmation identitaire, mais beaucoup les ont interprétés comme une provocation territoriale.\n\nLa Fédération haïtienne de football a défendu cette célébration comme une expression de l’attachement d’Isidor à ses racines haïtiennes. Elle a affirmé qu’elle ne devait pas être interprétée comme de l’hostilité ou un manque de respect envers un autre peuple. C’est la position de la fédération. La phrase ne modifie pas la réalité géographique : l’île est partagée entre deux pays.\n\n## Les réactions et ce que l’on sait\n\nAssociated Press rapporte que la fédération dominicaine a déposé une plainte auprès de la Concacaf et que l’organisation a ouvert une procédure disciplinaire. Toutefois, selon le même reportage, le ministre dominicain des Sports n’a pas cité Isidor lorsqu’il a annoncé que l’équipe haïtienne ne pourrait plus jouer dans les stades du pays. Il a plutôt évoqué des dégâts que des supporters auraient causés au stade. Le reportage d’AP du 5 octobre ne fait état d’aucune décision finale sur la procédure.\n\nUn grand moment de football est ainsi devenu un débat qui mérite mieux qu’une réaction immédiate en ligne. Isidor a inscrit deux buts dans une victoire importante pour Haïti. La FHF a présenté son cri comme une célébration. La controverse montre comment une rivalité entre voisins peut donner une portée politique à une phrase, surtout lorsque l’histoire et les relations entre les deux pays sont déjà chargées.

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